lalala

lalala

# Posté le samedi 21 avril 2007 17:41

Ah.

Ah.
Le couteau brille sur votre poitrine, il sintille. Une goutte de sang s'écoule le long de votre torse. Vous reposez le couteau et vous partez dans un éclat de rire imposant. Vos amis applaudissent, vous leurs avez fait si peur. Vous jouez si bien, et aucun personnage nous vous résiste. Aujourd'hui vous aviez voulu vous sucider. Personne n'y a vraiment cru, malgré l'instant de doute, mais s'ils savaient combien vous l'avez esperé. C'est comme lorsque vous faites l'amour. D'ailleurs vous ne faites jamais l'amour, vous couchez avec d'autres. C'est le désir qui dicte vos chairs; dans des élans d'assouvissement, vous vous jetez sur les autres, assoiffés de votre corps. On entend vos jouissances excessives, vos simulations essoufflées, même votre sueur est jouée. Vos partenaires le diront, vous avez toujours grimpé au septième ciel. C'est toujours l'explosion, à l'intérieur, vous vous sentez partir et ça bloque, les hanches, les accouts se succèdent, l'imbrication est parfaite. Mais vous connaissez la faille, et juste après la jouissance, les corps entremêlés se séparent rapidement. En fait, vous n'avez même rien ressenti, mais vous avez cru si fort que les murs et les partenaires s'en souviennent. Et bien là, c'est pareil. Vous croyez si fort que vous parvennez à convaincre tout le monde.

# Posté le mercredi 10 janvier 2007 16:34

Modifié le dimanche 03 juin 2007 13:15

J.Guilloré

Dans les livres, on dit que l'amour rend fort, qu'il donne des ailes. C'est pas vrai. L'amour rend fragile, il creuse un trou par où le froid s'engouffre quand l'autre n'est pas là. Ou bien c'est l'inverse: peut-être qu'on ne devient amoureux que parce qu'on a ce vide en soi. Parce qu'on a froid.

# Posté le lundi 18 décembre 2006 01:16

Vous devriez pourtant.

Vous devriez pourtant.

# Posté le jeudi 14 décembre 2006 04:07

Modifié le dimanche 21 janvier 2007 05:53

Chapître premier.

QUI S'OUVRE SELON LES RÈGLES PAR LA DÉCOUVERTE D'UN CADAVRE, D'AILLEURS TRÈS PETIT, MAIS DÉCONCERTANT, COLÈRE ET STUPÉFACTION DU DOCTEUR FIGGINS PERPLEXITÉ DE L'INSPECTEUR BROWN. LE MEURTRIER INSISTE DÉPLAISAMMENT POUR ÊTRE INQUIÉTÉ, PREMIÈRE APPARITION DU « PARANTHROPUS ».

ASSURÉMENT, si l'on vous réveille à cinq heures du matin, et même si vous êtes médecin ce n'est pas une façon précisément de vous disposer à l'humour. Et ce nous aurait, vous et moi- après un bon déjeuner au lit- mis sans doute en gaieté, ne nous étonnons pas que le docteur Figgins, appelé ainsi dès potron-minet, l'ai considéré tout autrement. Même l'aspect de Douglas Templemore, lequel arborait-- et pour cause- une expression plutôt dramatique, eût ajouté pour nous sans doute au comique de tous ces quiproquos ; tandis que le docteur Figgins y trouva au contraire une raison de plus pour s'assombrir. Comme aussi la nature pour le moins insolite du cadavre qu'on lui montrait. Car cette histoire, naturellement, commence par un cadavre. Je m'excuse de la banalité d'un tel début, mais ce n'est pas ma faute.

C'était d'ailleurs, avouons-le, un tout petit cadavre. Et certes, petits ou grands, le docteur Figgins au long de sa carrière avait eu mainte occasion d'en rencontrer. De sorte qu'il ne s'étonna point, d'abord, de celui-là. Simplement, après s'être penché une seconde sur le berceau, il se releva et regarda Douglas avec une expression, comme on dit, professionnelle. C'est-à-dire que son visage sut artistement mêler des plis propres à manifester tous ensemble la gravité, le blâme, le doigté et la compassion. Il observa pendant quelques secondes ce silence éloquent avant d'articuler entre les poils de sa grosse moustache :
- Je crains que vous ne m'ayez fait venir un peu tard?
Paroles qui lui rappelèrent, non sans ressentiment, l'heure matinale. Cependant Doug inclinait la tête.

- C'est justement, dit-il d'une voix neutre, ce que je voulais vous faire constater.
- Pardon ?
-L'enfant est mort, je suppose, depuis trente-cinq ou quarante minutes ?
Là-dessus le docteur Figgins oublia l'heure et le reste, et les poils de sa moustache s'agitèrent sous le vent d'une véritable indignation :

- Bon sang, alors, monsieur, pourquoi ne m'avez-vous pas appelé plus tôt ?
- Vous ne m'avez pas compris, dit Doug. Je l'ai piqué avec une forte dose de chlorhydrate de strychnine.

# Posté le mercredi 01 novembre 2006 08:04